John Weldon Cale dit J.J. Cale est né en 1938 en Oklahoma.
Dès l'âge de 17 ans il commence à jouer dans les quelques clubs locaux, et monte
bientôt son premier groupe, Johnny Cale and the Valentines. Il y rencontre Leon Russell, avec qui il
joue. Ce dernier lui conseille, vu le peu de succès rencontré, d'aller à Los Angeles
avec lui. Il y a donc fait un séjour de 1964 à 1969, où il travailla comme musicien
de studio, ingénieur du son et accompagnateur de groupes. Il y a notamment produit quelques
singles, dont une certaine face B qui s'appelait After Midnight. Il a même, avec un
groupe appelé The Leathercoated Minds, produit un album de covers
psychédéliques en 1967, A Trip Down the Sunset Strip, qualifié par Cale
lui-même de "terrible" en V.O. De retour, il vit en jouant de la guitare. La
découverte par Clapton de After Midnight le lance dans une carrière de
songwriter et il s'installe à Nashville, où il enregistre son premier album,
Naturally. L'album, contenant une nouvelle version de After Midnight, est sorti
par le label Shelter dont Leon Russell est co-propriétaire. Il s'est encore déplacé en
Californie en 1980, puis s'y est finalement installé et habite depuis 1994 à Orange County.
Il produit régulièrement des albums, et fait de très rares apparitions chez d'autres
musiciens (Paul Simon, pour The Rythm of the Saints, en 1990).
En 2006, Eric Clapton, un de ses vieux admirateurs, enregistre un album avec lui, The Road To Escondido.
Cet album a remporté le Grammy Award du meilleur album de blues contemporain en 2008.
Finalement, il préfère composer que jouer: il dit jouer de la guitare pour le fun et composer
pour vivre. D'ailleurs ses compositions lui permettent aujourd'hui de vivre confortablement. Il se passe
ainsi très bien du show business, et c'est parfait pour lui.
Auteur-compositeur, musicien, producteur, il sait mêler harmonieusement tradition et
modernité technologique, tout en conservant sa marque personnelle. Ses chansons sont de styles
variés, aussi bien country, rock, jazz, blues, et ses paroles sont tantôt graves et tristes,
tantôt ironiques et pleines d'humour. Il sait parler aussi bien de sujets comme la drogue, les
problèmes de société, que des femmes et de la vie de musicien. Il ne se
considère pas comme un artiste du show business, mais juste comme quelqu'un qui écrit
des chansons, un compositeur. Il préfère laisser à d'autre le travail de faire les
tournées, la scène... Tout ce qu'il aime c'est rester chez lui à bricoler ses
chansons. Il reconnaît volontiers qu'il fait toujours un peu la même chose, mais dit que chaque
fois qu'il essaie de faire quelque chose de différent, le résultat est toujours dans le
même style. Il préfère alors que ce soit d'autres qui améliorent ses chansons
car dit-il, les siennes sont très "raw". En général il écrit la
musique d'abord, puis rajoute les mots ensuite. Il est cependant incapable de faire quelque chose sur
commande; il essaie toujours d'être spontané.
Ce qui fait son style particulier, ce son laid-back, se retrouve partout depuis son premier album en 1972.
Son jeu de guitare y est pour beaucoup, ainsi que sa manière d'utiliser
des synthétiseurs, dès Naturally, le premier album; un des premiers
enregistrements à utiliser une battterie électronique (Crazy Mama...). Il s'est
toujours baladé avec un studio portable (il vivait dans un trailer-home) et possède
maintenant une petite installation digitale. En moyenne, un album est pour moitié enregistré
avec des musiciens et un studio, et le reste at home. Pour Closer to You, la plupart des
chansons ont été écrites en un jour pendant qu'il essayait sa nouvelle guitare. Il a
enregistré les maquettes chez un ami, puis a loué le studio Capitol à Hollywood
pour deux jours, où il a enregistré les vocaux en live. Enfin il a ramené le
résultat chez lui pour le travailler et rajouter quelques chansons. Il s'est parfois contenté
de sortir une chanson enregistrée avec un magnétophone à cassette près
de sa porte de derrière! (Okie)
Ce mélange de country, rock, jazz et blues est connu comme le Tulsa Sound. Avec Leon Russel, il
a donné à J.J. Cale une renommée d'artiste typiquement américain,
traditionnel et innovateur à la fois. D'après J.J. Cale lui-même, ce style vient du fait
qu'il n'arrivait pas à imiter exactement les gens qu'il écoutait, comme Chuck Berry, Scotty
Moore, Billy Butler, Clarence Gatemouth Brown, Wes Paul, ou encore Chet Atkins. Et à partir de
là il s'est construit sa manière de jouer. Il peut enregistrer une chanson en mettant le
magnétophone en route et en jouant, ou bien en utilisant des musiciens, un studio, et travailler le
son électroniquement après.
Son matériel: pendant longtemps il a utilisé une guitare acoustique Harmony, un
modèle très commun. Le succès venant il a pu se payer une Stratocaster, des Les
Paul et 353. Pour les concerts il utilise des Ovations, et a récemment pris des Martin Custom. Il a
également une Byrdland et une Gibson L-5 de 1979. Il bricole des guitares acoutiques en leur
rajoutant des micros, et s'est même essayé à en construire une entièrement.
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